Archives de catégorie Route des Balkans

ParPatrick Jonniaux

Human wave

human_waveSolidarité avec tou.te.s les migrant.e.s !

Après la politique de ‘opkuisen’ (nettoyage) du gouvernement dans le parc Maximilien et le renvoi de réfugié.e.s au Soudan malgré le risque de torture, le gouvernement fédéral souhaite à présent légaliser les perquisitions à domicile où résident les étranger.e.s ayant reçu un ordre de quitter le territoire mais également chez les citoyen.ne.s qui hébergent les migrant.e.s pour éviter qu’elles/ils ne doivent dormir dehors. Il s’agit là d’une attaque envers nos valeurs fondamentales mais aussi envers le travail formidable des citoyen.ne.s hébergeu.r.se.s réuni.e.s au sein de la Plateforme Citoyenne de soutien aux refugié.e.s du Parc Maximilien.

Le gouvernement tente de diviser les gens en criminalisant les personnes qui fuient les guerres, la répression, la misère, le racisme, le sexisme, l’homophobie, la trans-phobie, les conséquences du changement climatique ... en les présentant comme une menace terroriste ou une menace pour la sécurité sociale. Alors que les migrant.e.s ne représentent pas un danger, mais le fuient et qu'elles/ils sont des contributeurs nets au budget de la sécurité sociale. Nous pensons qu’il ne s’agit là que d’une énième tentative de creuser un peu plus le clivage entre les défenseu.r.se.s d’un accueil humain et les représentant.e.s d’une politique migratoire ferme ou fermée.

Le 13 janvier, nous étions déjà 8.000 dans les rues pour réclamer la démission de Theo Francken et dénoncer les expulsions de soudanai.se.s opérées sans garantir toutes les précautions requises par la convention européenne des droits humains.
Dimanche 21 janvier, en à peine 2 jours, nous étions plus de 3000 à former une chaîne “humaine mais ferme” pour nous opposer à une grande opération policière. La police n’a pas approché les lieux et nous avons prouvé que la mobilisation des citoyen.ne.s (avec ou sans-papiers) est plus forte.

Pour toutes ces raisons nous allons une nouvelle fois nous exprimer et manifester notre colère contre la politique du gouvernement qui traite les migrant.e.s comme des criminel.le.s et menace les droits fondamentaux de tou.te.s !

Le dimanche 25 février à 14h00 à la Gare du Nord de Bruxelles, soyons encore plus nombreu.x.ses !

Nous réclamons :

  • Non à l'instrumentalisation de l'appareil policier par le politique pour cibler le monde associatif, social et culturel. Liberté pour Jiyed et Mounir arrêtés à Globe Aroma !
  • La solidarité n’est pas un crime : non au projet de loi permettant les perquisitions à domicile chez les personnes sans-papiers et les citoyen.ne.s solidaires.
  • On ne quitte pas son pays, sa famille et ses proches par plaisir : les causes des migrations forcées doivent être prises en main et les personnes fuyant la guerre, la misère, le réchauffement climatique et la répression doivent pouvoir être accueillies et protégées.
  • Stop aux “torture deals” : respect de l’article 3 de la Convention européenne des droits humains qui interdit l’expulsion d’une personne vers un Etat où elle risque d'être soumise à la torture et donc de cesser immédiatement le renvoi des migrant.e.s vers des pays où le risque est manifeste comme le Soudan.
  • Régularisation des sans-papiers et droits égaux pour tou.te.s afin également d'éviter le dumping social et de soutenir les revendications de la Coordination des sans-papiers de Belgique !
  • Safe passage : l’ouverture de couloirs humanitaires permettant aux réfugié.e.s de venir en Europe de manière sûre et légale.
  • Activation de la close de souveraineté permettant la suspension du règlement de Dublin et le respect des engagements de relocalisation pris par la Belgique.
  • Pour une politique migratoire hospitalière et respectueuse des droits fondamentaux !

Evénement FB pour marquer votre soutien

ParPatrick Jonniaux

St Nicolas au 127bis

Saint-Nicolas et la police...

Ce 06/12, à la gare de Nossegem, Saint Nicolas à été accueilli par 3 camionnettes et une voiture d'intervention de la police!!!

Nous étions une cinquantaine à être escortés!!!  jusqu'au chemin d'accès du 127bis.

A l'arrivée une vingtaines de policiers ont fait barrage pour empêcher St Nicolas d'accéder à l'entrée du chantier 127bis pour Familles.

Malgré la bienveillance/pour-parlé de St Nicolas, les policiers ont refusé que nous fassions 50m afin de déposer symboliquement les jouets sur le grillage du chantier (voir photos).

Il nous ont permis de les déposer sur les grillages précédents.

Nous avons pu malgré tout "dialoguer" avec les détenus à travers les grilles de cette prison!

La TV locale Ring TV nous à interviewé

 

Nous restons attentif à la date d'inauguration/ouverture de ce centre pour familles, mobilisation sera prévue.

D'autres actions se mettent en place en 2018. Suivez et rejoignez-nous !

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Merci à Jade pour les photos 😉

ParPatrick Jonniaux

New 127Bis

3 centre ferméLa mise en construction du nouveau centre fermé spécifiquement pour famille est inacceptable avec ou sans enfants!

Le gouvernement fédéral avec à sa tête Charles Michel et son secrétaire d’Etat à la migration Théo Francken, continue de faire la sourde oreille malgré l’alerte d’UNICEF et plus de 115 organisations concernées par cette problématique qui demandent l’arrêt de la construction du centre fermé pour familles avec enfants. Le comité des Droits de l’Enfant des Nations Unies a statué que la détention des enfants viole leurs droits fondamentaux (art.3 convention des droits de l’Homme) et que leur détention, même de courte durée, est néfaste psychologiquement pour leur future!

La Belgique condamnée…

La détention d’enfants est assimilée à un traitement inhumain, à ce titre, la Belgique a été condamnée à plusieurs reprises par la Cour Européenne des Droits de l’Homme!

Humans Welcome avec Tout autre chose – La Ligue des Droits de l’Homme – Hart Boven Hard appellent à la mobilisation pour l’action le 06/12 à 14h la gare de Nossegem dans le but de parcourir 1km jusqu’au chantier de construction d’un nouveau centre. Accompagnés par St Nicolas, nous apporterons des jouets que nous fixerons symboliquement sur les grillages.

Venez nombreux en file sur le trottoir créer une chaîne de solidarité en soutien avec les personnes incarcérées que l’on a criminalisées car elles n’avaient pas de titre de séjour. Ce nouveau centre va accueillir des familles avec enfants afin de les expulser vers leur pays d’origine ou dans les no man’s land du premier pays européen sur lequel ils ont mis le pied.

Merci d’amener des jouets usagés ou non (nounours, poupées, etc…) pour accrocher aux grilles du centre.

La détention des enfants viole les droits de l’enfant.

Le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies a affirmé que la détention d’enfants pour des raisons de politique migratoire va toujours à l’encontre du principe de l’intérêt supérieur de l’enfant. L’impact négatif et profond de la mise en détention sur la santé, le développement et le bien-être des enfants, a été démontré à maintes reprises, même si la détention est de très courte durée et se déroule dans des circonstances relativement humaines.

Traitement inhumain et dégradant

La Cour Européenne des Droits de l’Homme a jugé à plusieurs reprises que le fait de placer des enfants en centres fermés constitue un traitement inhumain et dégradant, étant donné la vulnérabilité spécifique des enfants. La Cour a également déjà condamné la Belgique à trois reprises en raison de la détention d’enfants dans des conditions inadaptées.

Event facebook : https://www.facebook.com/events/708259302718269/

ParPatrick Jonniaux

Esperanzah! 2017

Jour J-13

Pour la 3è année Tout Autre Chose sera présent au Village des Possibles d’Esperanzah!

Le Village des Possibles, c’est une quarantaine d’associations. Actives sur les terrains de l’égalité, du recyclage, des alternatives… Un petit marché local des bonnes idées pour changer nos habitudes de consommations.

Cette année la thématique est Des Ponts Contre Leurs Murs

En 2017, la campagne Esperanzah! « Des Ponts Contre Leurs Murs » s’engage concrètement sur les thèmes de : la migration et des centres fermés, du 50e anniversaire de l’occupation en Palestine et de la diversité.

Du côté de Tout Autre Chose

En 2015, Tout Autre Ecole présentait à des centaines de personnes son projet pour analyser l’enseignement en FWB.
En 2016, c’est Eco c’est logique qui venait fabriquer des tawashis
Pour 2017, Eco c’est logique rempile avec des produit cosmétiques « maison ». Les fiches techniques sont disponibles

Marre d’utiliser des produits cosmétiques sans savoir de quoi ils se composent?
Marre de dépenser des centaines d’euros pour des produits d’entretien qui détruisent notre planète?
Envie de découvrir des recettes simples et rapides permettant de fabriquer soi-même sa crème hydratante, son dentifrice, son liquide vaisselle et bien d’autres choses encore.
Alors rendez-vous au festival Esperanzah où Eco c’est logique animera un atelier au Village des Possibles du 04 au 06 août. Nul besoin de compétence en chimie!

Quelques grammes de plaisir partagé (ou de volonté c’est selon 😉 et quelques minutes vous suffiront pour découvrir comment fabriquer vous-mêmes ces produits. Les recettes en tête, vous aurez alors tout en main pour reproduire l’expérience chez vous et garnir vos placards et autres armoires de salle de bain.

A très bientôt au Village des Possibles !

Lesbos Bruxelles

2017 reviendra aussi sur l’aventure Humans Welcom, à laquelle TAC a consacré un peu de temps et d’énergie. Valter et quelques membres de l’équipe viendront présenter l’action et ses développements actuels.

– un cadre de clôture vidé de son grillage
– suspendre avec des fils à ce cadre les cartes signées
– inviter les gens dans un isoloir à voter avec ces cartes et après les suspendre
– une voix off qui égraine les messages déjà écrit et ceux qui sortent de l’isoloir « A VOTE »
– des gilets de sauvetage

Souvenirs…

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ParPatrick Jonniaux

Humans Welcome la dernière étape

Tout doucement, nos amis arrivent au bout de leur course…

Celle qui les aura conduits de Lesbos à Bruxelles.

Des coureurs s’apprêtent à les rejoindre pour les 7 derniers kilomètres dans Bruxelles.

Le départ aura lieu ce dimanche 16 avril à 11 heures du magasin Trakks à Uccle pour remonter vers le Parlement Européen, place du Luxembourg.

Le trajet sera le plus vert possible et gentiment encadré par la police.

course finale

ParPatrick Jonniaux

Humans Welcome 12 avril 2017

La suite de l’article de Sandra est disponible sur son blog
11 avril – Day 6 ! Quelques photographies de la journée d’hier passée en Serbie.
Elle fut sportive et les moments de partages furent rares. Elle fut difficile tant physiquement que moralement.
Les motivations du collectif sont plurielles et fortes. Pour ma part, le côté sportif est désormais passé au second plan.
La boule au ventre des rencontres me fait me sentir messager, porteur de ces Cartes Blanches complétées à travers chaque rencontre.
Porteur d’un espoir de réfugiés, demandeurs d’asile, locaux, … qu’il me faut à présent apporter à Bruxelles, qu’importe le moyen.

humans welcome

ParPatrick Jonniaux

Humans Welcome 11 avril 2017

10 avril – Day 5 !

Nous avons passé la frontière hongroise aujourd’hui, en laissant les Balkans derrière nous.
Hier, nous traversions un camp à la limite de la capitale serbe, Belgrade.
Partage éprouvant mais nécessaire !
Il s’agit d’un camp géré par les autorités serbes, à accès libre – logements pour quelques centaines de personnes. Principalement des irakiens, iraniens, syriens. Là, comme Brieuc l’a si justement dit, nous rencontrons des familles parquées dans ce camp de réfugiés depuis onze, douze, treize, … mois.
Maintenant que les frontières sont imperméables, elles restent là, dans l’attente d’un avenir. Elles sont bien conscientes que la Serbie ne pourra pas le leur offrir, …
Les cartes blanches que nous leur tendons se complètent rapidement.
Une seule demande y figure et se répète carte après carte : « l’ouverture des frontières ».
Ces cartes blanches seront lues le dimanche 16 avril, sur l’Esplanade du Parlement Européen. Nous voulons rester lucide mais parier sur le réveil des consciences parlementaires !

Jean François

humans welcome

ParPatrick Jonniaux

Humans Welcome 10 avril 2017

A proximité de Belgrade (Serbie pas Namur) lundi 10 avril 2017

Bonjour bonjour, juste un petit mot pour vous dire que la course se passe bien, que nous faisons de belles rencontres sur la route, mais aussi des moins belles. Nous allons passer la frontière hongroise aujourd’hui, en laissant les Balkans derrière nous. Ces Balkans qui sont semés de contrastes entre la pauvreté des campagnes, l’abondance des centres urbains, le rejet de l’Autre mais aussi l’accueil sincèrement humain, des migrants comme des coureurs de Humans Welcome. Sur les routes, nous sommes livrés à nous mêmes. Les chiens errants, la météo, les camions, le manque d’eau, la barrière linguistique, l’inquiétude du lendemain… Nous prenons conscience des difficultés et des risques de l’exile.
Ensuite il y a le temps. Si notre  »caravane » file à toute allure, nous rencontrons des familles parquées dans des camps de réfugiés, qui ressemblent à d’autres camps de la honte que l’on pensait du passé. Ces familles, elles, restent dans ces camps des mois durant. Maintenant que les frontières sont imperméables, ils restent là, dans l’attente d’un avenir meilleur, dans l’attente d’un avenir tout court. Les enfants que nous croisons dans ces camps sont les enfants d’une génération perdue. La guerre, l’exil, les camps,… Cela fait des années que ces enfants, devenus ados et bientôt adultes, sont déscolarisés, créant ainsi une génération sans avenir.

Brieuc

humans welcome


A proximité de Belgrade (Serbie pas Namur) lundi 10 avril

Bonjour bonjour, juste un petit m
ParPatrick Jonniaux

Humans Welcome 9 avril 2017

Sur nos routes nous rencontrons peu de coureur-se-s. Les chemins que nous empruntons sont parallèles à ceux de l’exil franchis par des milliers de personnes chassés de leurs terres. À travers champs, montagnes, villages et nationales nous observons la vie. Avec nos yeux nous observons la beauté du paysage, les embûches de parcours. Avec nos jambes nous traçons nos envie dans des foulées libres. Les sourires nous accompagnent dans l’effort. Les arrivées et les départs sur le parcours sont chargés d’un réconfort serein. Les vibrations heureuses d’un pays ne nous empêchent pas de courir dans tous les sens derrière l’étroite issue qu’offrent nations unies et territoires européens. Nos corps rassasiés gravitent dans l’espace confiné de l’Europe. Le goût amer de ses frontières traverse nos journées. Quand nous rythmons la successions de nos soirées de campement en campement à la recherche d’eau, nos ami-e-s, fuyant leurs pays engloutis, sont ballottés de camp en camp dans l’attente d’une autorisation de libre circulation.

Qu’avons nous de plus?

À la première frontière traversée la réponse est claire : des papiers estampillés européens.

Que faire de notre unité? Sonner en décomposant les mots : heure hope – temps de l’espoir/ leurre hope – espoir trompé.

Les mots et leurs sens cachés ne nous appartiennent pas. L’Europe joint et ferme, chante et enferme, dépense et ruine, nomme et catégorise. Les vies y sont labellisées. Nos droits de passage nous les devons à ceux et celles qui ne passent pas.

Depuis quelques jours nous habitons cet espace à la géométrie liberticide où s’accumulent dans les impasses du paysages des semelles usées, des rêves mobiles, des voix remplies de musique.

Les pays sont kilomètres, visions de l’exode que nous traversons dans la fusion de nos différences, de nos résistances. Front contre front – au delà des frontières – nos rencontres sont des instants de vies figés dans l’alarme de ce présent insoutenable. À notre manière nous proposons un main dans la main pour ne rien oublier et continuer ensemble, déterminé à se battre pour des vies choisies et libres où le « ici » et le « là-bas » n’ont plus d’importance.
Alice
humans welcome
ParPatrick Jonniaux

Humans Welcome 5 avril 2017

« Chronique d’une coureuse – 1ère partie

Déjà plus d’une heure que je traîne dans l’aéroport d’Athènes en attendant de poser mes baskets à Mytilène, point de départ de l’aventure.

Ce matin, debout à 2h30 pour croire encore un instant que j’arriverai à tout boucler avant de quitter mon quotidien pour une quinzaine de jours. Je réalise enfin, d’un coup, que c’est parti, sans retour en arrière possible.
J’ai déjà vécu cette appréhension, cette sensation d’être au pied du mur et de ne pouvoir pas reculer, sans pour autant avoir la volonté d’avancer : avant chaque nouveau palier franchi dans mon petit parcours de coureuse de fond : mon premier 10 km, mon premier trail – 11 km et 400 m de dénivelée. Puis les choses s’emballent : premier 30 km, 70 km, 100 km, première course à étapes, deux jours, trois jours, quatre jours…
Et puis, il y a ce coup de fil de ma mère, un peu avant Noël dernier, qui me parle de cette course folle à travers l’Europe montée par un collectif citoyen belge, sur la Route des Balkans, pour dénoncer l’inhumanité de la politique migratoire européenne actuelle.

Je ne suis pas trop l’actualité à l’époque : je suis vaguement citoyenne, « comme tout le monde », c’est-à-dire un peu écœurée à chaque fois que j’entends la radio égrener, avec une alternance de détachement et d’émotion, en fonction d’une déclaration politique ou d’une photo de victime, les chiffres incroyables de ces corps toujours plus nombreux qui viennent s’échouer inexorablement sur nos côtes méditerranéennes, …
Puis le quotidien me reprend, puis je m’insurge contre les discours de plus ouvertement xénophobes de nos dirigeants ou de mes voisins de métro, puis je vais faire un apéro avec des copains, puis je me dis qu’il faudrait faire quelque chose pour changer cette situation, puis je passe une nuit à répondre à un appel d’offres qui n’aboutira pas, puis je sors courir pour m’aérer la tête et les jambes …
Bref, je suis une dilettante, pas une militante : j’ai dû chercher sur Internet pour savoir ce que représentait exactement la « Route des Balkans » quand on m’a présenté le projet « Humans Welcome ».

Au début. J’ai donc commencé par penser entraînement, préparation physique, adaptation des parcours. Mais en même temps, insensiblement, mon ouïe s’affinait. J’étais plus attentive aux articles de presse, aux discussions sur ces femmes et ces hommes que l’on transforme en flux, … en solutions ou en problèmes chiffrés.
J’ai proposé de donner des coups de main, de loin, au collectif dont le cœur palpite entre Namur, Charleroi, Liège et Bruxelles.

Et puis le choc est arrivé. Pas encore celui de la conscience de ce que j’entreprenais véritablement en rejoignant le projet « Humans Welcome », ça je le découvrirai au fil des jours. Juste une prescience que ça allait arriver. Vite. Trop vite. On n’est jamais prêt à partir, même pour 15 jours, quand on sent que ça pourrait tout changer.

Après avoir pris un premier repas avec le groupe à Lesbos, nous sortons du restaurant des retrouvailles, sur le port.
Nous croisons une famille silencieuse habillée à l’orientale.
David, un vosgien installé en Grèce depuis 22 ans et travaillant pour l’ONG HSA (Humanitarian Support association), contact privilégié du projet sur l’île, répond à Florence, membre de l’équipe ayant déjà travaillé en Grèce sur le sauvetage et l’accueil des réfugiés, qui lui demande : « Syriens ou Afghans ? » ; « Syriens, et logés en hôtel, pas en camp, ça se voit tout de suite… C’est plus souvent le cas quand ce sont des familles », répond t-il. Je lui demande comment il peut le savoir d’un simple coup d’œil, il rétorque : « ceux des camps, on les connaît tous, on les accompagne, on leur trouve des vêtements, de l’assistance, je les aurais reconnus ».
L’aventure a vraiment commencé, même si « aventure » n’est pas forcément un bon mot. Je trouverai mieux quand mon cerveau s’imprègnera de ce que je vois et ressens au fil des heures et des jours. Demain, tout à l’heure en fait, nous irons voir le camp de réfugiés de Kara Tepe, puis une famille anglaise qui a été la première à Lesbos à organiser le sauvetage des arrivants, Eric et Philippa Kempson. Et nous courrons, symboliquement. Que pourrais-je faire d’autre en cet instant ? »

Sandra

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