« Diminuer les charges sur le travail pour doper l’emploi »

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« Diminuer les charges sur le travail pour doper l’emploi »

Charles Michel, L’Echo, 21/1/2015

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Les « charges sur le travail », c’est l’autre nom des cotisations sociales. A quoi servent ces cotisations ? A payer nos pensions, nos soins de santé, le chômage… c’est-à-dire la sécurité sociale. Elles sont donc très utiles pour les citoyens.

Depuis des années, nos différents gouvernements baissent ces cotisations. D’après nos dirigeants, ces « charges » seraient trop lourdes pour les employeurs. Objectif officiel de cette baisse : encourager l’emploi.

Concrètement : puisque les employeurs paient moins de cotisations sociales, ils épargnent de l’argent. Mais en échange, ces mêmes employeurs refusent de promettre de créer de nouveaux emplois.

Et de fait, aucune évaluation n’a prouvé que ces baisses de cotisations offertes aux patrons menaient, au final, à une véritable augmentation du nombre d’emplois.

Si l’argent n’a pas servi à créer de l’emploi, où est-il passé ?

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Examinons la situation

L’Etat belge aide les patrons de deux manières :

  1. Depuis 1985 et surtout depuis 1993, l’Etat a baissé les cotisations sociales dites « patronales ». Les employeurs épargnent donc de l’argent grâce à cette baisse.
  2. De plus, l’Etat a donné de plus en plus d’argent public pour payer une partie de certains salaires à la place des patrons. Par exemple, l’Etat prend en charge lui-même une partie du salaire de certains chômeurs, ce qui leur permet de retrouver du travail. Les employeurs épargnent donc une seconde fois de cette manière.

Au total, entre 1985 et 2013, comme le montre le graphique à droite, les patrons ont bénéficié d’une aide passant de 0,5% à près de 5,5% de la valeur ajoutée (1). L’aide à la réduction des salaires dans les entreprises a donc été multiplié par 10 !

Conséquence : quand l’Etat donne cet argent aux employeurs pour créer de l’emploi, cela contribue à diminuer l’argent qui va dans la sécurité sociale et diminuer son propre budget, qui sert notamment à payer des policiers, des juges, à entretenir les routes…

(1) La valeur ajoutée est la richesse produite par l’entreprise. Elle est répartie entre les salariés (salaires), l’Etat (impôts et taxes), les actionnaires (dividendes), les prêteurs (intérêts d’emprunt) et l’entreprise (investissements, développement).

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Mais concrètement, où va l’argent ainsi accordé par l’Etat aux patrons ?

Si on prend l’ensemble de la richesse produite et sa répartition entre la part qui revient aux patrons et celle qui revient aux salariés, on voit que la diminution des cotisations patronales s’est reflétée dans l’augmentation de la part patronale de la richesse produite, et, inversement, par une diminution de la part revenant aux salariés. Entre 1985 et 2013, dans les entreprises, la part des richesses créées est, pour les actionnaires, passée de 7,5% à 17% tandis que la part distribuée aux salariés est passée de 65% à 60,9%, comme le montre le graphique ci-dessous:

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Et si l’on mesure la part des salaires dans l’ensemble du Produit Intérieur Brut (PIB), c’est une diminution de 74% à 59% que l’on constate entre 1981 et 2015 …

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Donc : la diminution des « charges » sur le travail a-t-elle oui ou non créé de l’emploi ?

Les cotisations sociales financent donc les pensions, les soins de santé, le chômage… Pour les citoyens, ces cotisations sont donc très importantes pour pouvoir vivre, payer leur loyer, acheter de la nourriture, payer le médecin… : les cotisations contribuent directement à leur « pouvoir d’achat ». Quand l’Etat baisse ces cotisations, il compense cette perte par des recettes alternatives qui proviennent d’autres taxes, et principalement de la TVA. Ceci conduit à une modification du financement de la sécurité sociale, au bénéfice des revenus du capital puisqu’il y a moins de cotisations qui « pèsent » sur les patrons, mais davantage de TVA.

C’est à partir du moment où l’Etat a commencé à baisser les cotisations, qu’on a constaté que les entreprises ont choisi de consacrer plus de moyens à la rémunération de leurs actionnaires. Le calcul est facile : plus des ¾ de la baisse de la part salariale, faite « sur le dos » de l’argent public sont passés dans les mains des actionnaires privés…

Autrement dit : l’argent épargné par les employeurs n’a PAS servi à créer des emplois, malgré les beaux discours. D’ailleurs les chiffres du chômage qui augmentent toujours le prouvent bien.

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En conclusion

« Diminuer les charges sur le travail pour doper l’emploi », cela ne marche pas !

Au contraire : diminuer les cotisations sociales sans obliger les employeurs à réellement créer des emplois avec l’argent ainsi épargné, cela contribue à enrichir les actionnaires-propriétaires et à appauvrir les salariés.

L’Etat signe ainsi un chèque en blanc aux patrons sans que ceux-ci soient obligés de donner quelque chose en retour.

Au lieu de reconnaître les liens étroits et flagrants entre les sous-investissements dans les moyens de production, la rémunération excessive du capital et la stagnation des salaires et de l’emploi, le discours dominant ne cesse d’incriminer les « rigidités du marché du travail », le coût jugé excessif de notre protection sociale, la durée insuffisante des carrières, etc.

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Alternatives

Faire diminuer le chômage en diminuant les cotisations sociales, ce qui nous est imposé par les gouvernements successifs et accentué encore par notre gouvernement actuel, est pire que le mal.

La solution serait donc d’augmenter le pouvoir d’achat et de la réduction des inégalités de manière à garnir les carnets de commande des entreprises.

Oui mais comment ? En augmentant notamment les montants du chômage, du salaire minimum et des petites pensions, et en limitant le montant du revenu maximum de manière à ce qu’il ne dépasse pas, par exemple, de 20 fois le salaire minimum.

Mais les alternatives sont multiples: l’important est d’en discuter et d’en débattre! A l’occasion des discussions sur un possible « tax shift » qui reverrait la manière par laquelle se répartit en Belgique la taxation des revenus du travail et du capital. Affaire à suivre et à débattre dans vos locales !

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Pour aller plus loin

Aucun lien n’est évident entre la diminution des charges sociales et l’emploi, et la science économique n’est pas une science exacte. De nombreux débats ont lieu autour de cette question, permettant de raffiner encore le diagnostic que nous avons présenté.

Quelques références:

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Cette « déconstruction » de mots du pouvoir a été élaborée par des membres du groupe « Réflexion » de TAC. Il a pour objectif de montrer que les affirmations qui semblent relever de l’évidence restent des choix politiques, et qu’à ce titre, des lectures alternatives de mêmes faits existent. Ces textes visent à stimuler le débat, et non pas à asseoir une position unique de TAC sur tous les sujets traités dans cette rubrique du site. En ce sens, ils n’engagent que les membres du groupe qui ont validé la version publiée.

Voilà comment nous procédons : à partir d’un premier texte proposé par un membre du groupe, une discussion collective permet d’améliorer le texte, tant sur le fond que sur la forme. Pour cela, le groupe utilise un outil de travail collaboratif, un « Loomio » qui permet d’organiser les interactions en ligne, en plus des discussions menées lors des réunions collectives. Ce groupe est évidemment ouvert à tout participant qui souhaite s’y engager (contact: mots-du-pouvoir@toutautrechose.be), quelles que soient ses compétences (de contenu, rédactionnelles, artistiques – dessinateurs, réalisateurs, comédiens, marionnettistes, poètes … – , de mise en ligne, de relecture, etc.).

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