Des classes verticales interdépendantes

ParBernard Delvaux

Des classes verticales interdépendantes

DSC_3887 - Copie_033 - CopieLe système de classes verticales interdépendantes permet à chaque élève d’avancer vraiment à son rythme sans aucune barrière d’âge, de classe ou de cycle. Une opinion de Sylviane Willo.

L’idée est de constituer des classes regroupant les élèves de 5 à 11 ans (dès 5 ans en raison de l’existence du cycle 5/8, et jusqu’à la fin de l’enseignement primaire). Mais dans les écoles d’une certaine taille (idéalement 126 élèves), il pourrait y avoir  6 classes parallèles de 21 élèves, avec de l’entraide entre les enseignants de ces six classes.

« On peut comparer ces classes verticales aux classes qui existaient et existent encore dans les villages où tous les élèves étaient rassemblés au sein d’une classe unique. Cependant, la différence majeure avec les classes uniques des villages, c’est que chaque maître-enseignant ne sera pas seul à gérer sa classe. Dans chaque unité pédagogique, les 6 classes verticales fonctionneront en interdépendance. En effet, grâce au nouveau système qui permet aux maîtres-enseignants d’être disponibles en même temps, pendant deux heures par jour, les maîtres-enseignants pourront travailler en équipe. Les tâches de préparation et de réajustement seront accomplies en commun, avec la possibilité de se les répartir.

Ce système de classes verticales interdépendantes est, à mes yeux, le seul qui permette à chaque élève d’avancer vraiment à son rythme sans aucune barrière d’âge, de classe ou de cycle […].

Quels sont les avantages de ce type d’organisation ?

  • L’enfant rentrera dans un espace où le langage écrit et le langage mathématique sont déjà utilisés. Les petits, dans une classe verticale, rentrent dans un milieu où d’autres lisent, écrivent et  mathématisent déjà.

  • La construction du langage pourra s’inscrire dans le temps (de 5 ans à 12 ans) et ceci dans une diversité quotidienne. Les petits de 6 ans entendent parler, non seulement les autres enfants de 6 ans et leur enseignant, comme c’est le cas en classes d’âge, mais aussi tous les autres élèves de la classe, plus âgés qu’eux, s’exprimant dans un langage plus élaboré.

  • L’augmentation des relations et interactions non dirigées (éducation non formelle) entre les enfants suscitera un esprit de dialogue et d’ouverture, donc moins de violence, et développera l’autonomie et une dynamique d’entraide et de partage. Dans une classe verticale, l’enseignant ne peut tout contrôler à la fois.  Les enfants sont souvent en autonomie, travaillent par groupes.  Ils doivent donc s’entendre et pouvoir réguler leurs relations.

  • L’enfant pourra être reconnu par les autres pour ensuite se reconnaître lui-même. A l’intérieur d’une classe verticale, cette reconnaissance s’effectuera beaucoup plus naturellement et continuellement.  Ainsi, quel que soit le niveau de ses capacités, un plus grand pourra toujours être sollicité par un petit et répondre à ses sollicitations. Un enfant qui serait dévalorisé au sein d’une classe d’âge par ses performances mathématiques pourra toujours aider un plus petit à compter et à prendre conscience … qu’il sait quelque chose. On existe vraiment quand on est utile, quand d’autres ont besoin de vous. Quoi de plus motivant pour un enfant que d’être « le grand frère ou la grande sœur » d’un autre enfant de la classe ?

  • La classe verticale n’accorde aucune importance à la position des élèves dans le groupe ; ce qui importe c’est bien la contribution que chacun apporte au fonctionnement du système.

QUI DÉFEND CE POINT DE VUE ? Sylviane Willo, ex-directrice d’école fondamentale en Wallonie.

SOURCE : Le 3e pilier du projet « Réajustons l’école ».

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