Légitimer les savoirs populaires

ParBernard Delvaux

Légitimer les savoirs populaires

Molenbeek.1Les enfants qui lisent le respect et l’admiration pour leurs parents dans les yeux de leurs professeurs sont plus disponibles pour apprendre. Une opinion de Natalie Rasson.

« L’abîme qui sépare les porteurs d’une culture dominée et ceux qui pensent et font l’école ne peut être réduit, je pense, que par un long et jamais fini travail de décentration des praticiens et des chercheurs. Et de tout citoyen qui a la conviction que c’est la confrontation des mondes qui s’y côtoient qui fait la richesse d’une société. Dans ce cadre, le passage des frontières n’est constructif que s’il peut se faire à double sens et si la périphérie peut devenir à son tour le centre. La domination guette partout et on ne peut jamais oublier qu’il faut continuellement déjouer « la hiérarchie sociale qui organise toute appréhension des cultures populaires et s’y répète inlassablement ». C’est un exercice exigeant mais qui suscite, à mes yeux, autant d’émerveillement que de déstabilisation ».

Malgré des ouvertures, « l’imperméabilité des mondes et des positions reste criante et chacun rêve toujours l’autre tel qu’il n’est pas. Les enseignants les plus ouverts sont prêts à faire venir les parents sur leur territoire. Les parents écoutent, ceux qui ne sont pas trop éloignés du monde scolaire en tirent des leçons et adoptent des attitudes et des stratégies plus efficaces pour soutenir leurs enfants ».

« Mais il n’y a pas de place à l’école pour que ces parents puissent dire à leur tour leur « vérité », leur richesse conceptuelle, leur inventivité, la finesse et la pertinence de leurs perceptions. On pourra toujours objecter que l’objet de l’école n’est pas là. Et pourtant ! Une école figée, qui ne se laisse pas interpeller, contaminer par d’autres manières de comprendre le monde restera toujours un lieu de domination et d’exclusion. J’ai la conviction que reconnaître la légitimité et la grandeur de savoirs nés dans d’autres mondes que celui de l’école est gage de la réussite d’un plus grand nombre. Et que les enfants qui lisent le respect et l’admiration pour leurs parents dans les yeux de leurs professeurs sont plus disponibles pour apprendre et entrer sereinement sur un territoire si différent de celui de leur famille ».

QUI DÉFEND CE POINT DE VUE ? Natalie Rasson, coanimatrice d’un groupe de parents des écoles molenbeekoises.

SOURCE : Natalie Rasson (2015), Rouvrir les frontières, Politique revue de débats, sept-oct 2015, pp. 70-71.

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