Un tronc commun puis trois années de lycée

ParBernard Delvaux

Un tronc commun puis trois années de lycée

A 16 ans, avec la bagage de connaissances théoriques et pratiques apportées par l’école commune, les élèves seront en mesure de faire des choix. Une opinion de Nico Hirtt, Jean-Pierre Kerkhofs et Philippe Schmetz.

Dans leur ouvrage « Qu’as-tu appris à l’école ? Essai sur les conditions éducatives d’une citoyenneté critique » (2015), ces trois enseignants membres de l’APED (Appel pour une école démocratique) plaident pour un tronc commun polytechnique prolongé jusqu’à 15 ou 16 ans et suivi de trois années de lycée, qui comporterait des filières de transition et de qualification, mais où « subsisterait néanmoins une large part de formation commune ».

Voici un extrait de leur ouvrage :

Après le tronc commun polytechnique, « il sera temps de permettre à chaque jeune d’entrer progressivement dans une voie de spécialisation. A 16 ans, avec le bagage de connaissances théoriques et pratiques apporté par l’École commune, avec l’expérience des mondes professionnels que la formation polytechnique aura assurée, les élèves seront en mesure de faire un choix réfléchi, motivé, tenant compte de leurs réels centres d’intérêt et capacités. Tout autre chose que ces jeunes qu’on envoie aujourd’hui en professionnelle « parce qu’ils n’aiment pas les maths », alors qu’ils n’ont sans doute jamais eu l’occasion d’en pratiquer (à moins de confondre mathématique et arithmétique…) Trois années de lycée clôtureraient ainsi l’enseignement secondaire, avec des filières préparant progressivement à la transition vers l’enseignement supérieur et d’autres aboutissant directement à une qualification.

Ce ne sera donc plus, de 16 à 19 ans, l’École commune, mais il subsisterait néanmoins une large part de formation commune. Le vaste programme de formation générale […] ne saurait être entièrement abouti à 15-16 ans. Il aura au mieux été solidement préparé. Mais tout l’approfondissement des connaissances générales et technologiques restera à faire? Pas question de le réserver à ceux qui se destinent à l’université. Le maçon et l’esthéticienne n’ont pas moins besoin d’histoire ancienne et de physique quantique que le médecin et l’expert comptable. Parce que, rappelons-le, l’enjeu démocratique est là : former des citoyens porteurs d’une culture commune suffisamment vaste pour leur permettre d’appréhender collectivement les enjeux complexes du monde actuel ».

QUI DÉFEND CE POINT DE VUE ? Nico Hirtt, Jean-Pierre Kerkhofs et Philippe Schmetz, enseignement et membres de l’APED (Appel pour une école démocratique)

SOURCE : Nico Hirtt, Jean-Pierre Kekhofs et Philippe Schmetz (2015), Qu’as-tu appris à l’école ? Essai sur les conditions éducatives d’une citoyenneté critique. Présentation du livre.

À propos de l’auteur

Bernard Delvaux editor