Travailler 4 jours…

ParPatrick Jonniaux

Travailler 4 jours…

Travailler 4 jours… pour travailler tous, pour vivre mieux !

Un horizon possible à l’opposé de la loi Peeters

Depuis sa création, Tout Autre Chose appelle de ses vœux et œuvre pour une société notamment plus solidaire, plus égalitaire mais aussi davantage émancipatrice et réjouissante (voir nos balises). Dans ce sens, la réduction collective du temps de travail (ou RCTT) est un des combats que nous portons avec notre groupe « Travail digne ».

Face au chômage et à la précarité, travailler moins – afin que tous puissent travailler – fait, pour nous, plus que jamais, partie de la solution. Au-delà des slogans, une question essentielle se pose : que ferions-nous, chacune, chacun, si nous disposions d’une journée en plus pour nous ?

Si cette réduction du nombre d’heures et de jours de travail par semaine est d’ailleurs une constante depuis 150 ans, le gouvernement actuel prend une autre direction. Le ministre Peeters souhaite, en effet, faire sauter le plafond légal des 38h/semaine, permettre d’imposer des journées de 11h, des semaines de 45 heures, des horaires variables imprévisibles…

Or, les entreprises en Belgique disposent déjà de régimes de travail parmi les plus flexibles au monde : on peut travailler la nuit, le dimanche, avoir des horaires variables ou coupés…  Mais il y a toujours deux limites : la flexibilité doit être négociée (pour s’assurer de l’accord réel des travailleurs) et sa pénibilité doit être compensée (par des heures de récup ou des sursalaires). Le projet Peeters est de généraliser une flexibilité totale sans négociation et, dans bien des cas, sans récup ni sursalaire.

Exemple : vous travaillez dans un secteur où le temps de travail est de 36h par semaine. Ça vous permet de prendre du temps pour vos enfants, de participer à une association, de faire du sport … Les horaires sont connus et vous vous organisez ; parfois il y a un pic exceptionnel dans le boulot et le patron peut demander des heures sup’ – que vous acceptez ou pas – ou alors il doit embaucher un peu plus, provisoirement.

Demain, avec la loi Peeters, on pourra, par exemple, vous faire travailler 42 heures par semaine durant un trimestre, puis 30 heures le trimestre suivant, sans égards pour les horaires de la crèche ou de l’école, pour vos engagements familiaux ou associatifs, sans négociation, sans récup. Et il sera encore possible de vous ajouter 100 heures sup par an (donc augmenter la moyenne de 2h/sem). Qui y gagne ? Pas vos enfants, pas votre famille, pas vous.  Pas les jeunes ou les chômeurs qui auraient eu un contrat temporaire pour assurer le surcroît de travail.

On peut faire autrement !

De nombreux pays, de nombreuses entreprises, expérimentent la semaine de 4 jours, ou de 30 heures, et le partage du travail. La réduction collective du temps de travail est, de loin, la mesure qui crée le plus de (vrais) emplois et elle permet de créer les conditions d’une société meilleure.

C’est pourquoi Tout Autre Chose soutient la manifestation nationale du jeudi 29 septembre dont un des mots d’ordre essentiels est de dire NON À LA LOI PEETERS.

Nous invitons les milliers de signataires de Tout Autre Chose et tous les citoyens à se mobiliser et à mobiliser leurs familles et amis pour s’opposer à un projet de loi qui est en contradiction flagrante avec nos balises.

 

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Rejoignez-nous nombreux le 29 septembre prochain avec les slogans de la campagne « C’est l’heure de la réduction collective du temps de travail » de Tout Autre Chose.

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Patrick Jonniaux administrator