Lettre ouverte à propos de la Grèce

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LETTRE OUVERTE AU GOUVERNEMENT BELGE

Le referendum de dimanche marque un nouveau rebondissement dans la tragédie grecque. Le chantage et les autres moyens de pression que les dirigeants européens utilisent pour s’assurer qu’une majorité de citoyens grecs votent “nai” (“oui”) suite à la proposition de l’Eurogroupe sont les derniers d’une longue série de décisions erronées.

De graves erreurs ont été commises dès le début du « programme de sauvetage » de la Grèce. Il est clair aujourd’hui que l’objectif premier consistait davantage à sauver les banques qui avaient prêté de l’argent à l’Etat grec pendant de longues années, plutôt que la population grecque proprement dite. Aujourd’hui, ces banques ont été sauvées et sont à nouveau florissantes. Dans le même temps, une politique d’austérité et des réformes radicales ont été imposées aux citoyens grecs en échange de l’aide européenne. Ceux-ci furent ainsi condamnés à faire l’expérience du mythe de Sisyphe.

En effet, les pays de la zone euro et le FMI ont appliqué des recettes dont le caractère contreproductif et régressif a été démontré par des études du FMI lui-même. L’économie grecque fut privée d’oxygène, à l’instar de ce qui se pratiquait au Moyen-Âge lorsqu’on prélevait le sang d’un malade. Ceux qui prétendent aujourd’hui que rien n’a changé en Grèce devraient y réfléchir à deux fois : des études ont prouvé que la Grèce a réalisé des assainissements sans précédent et que ce pays a mis en place les réformes les plus radicales de tous les pays de l’Union européenne.

D’évidence, la Grèce est confrontée au problème gigantesque d’un Etat qui fonctionne mal, où l’évasion fiscale, la corruption et le clientélisme ont encore de beaux jours devant eux. En 2001, les dirigeants européens n’ont pourtant pas hésité à accueillir la Grèce à bras ouverts au sein de la zone euro et les banques ont accepté pendant de longues années d’accorder des prêts à l’Etat grec.

Après l’échec des opérations de sauvetage, l’économie grecque est au bord du gouffre. Les graves conséquences de la politique radicale d’austérité sont apparues clairement ces dernières années: contrairement aux prévisions absurdes du FMI, l’économie s’est contractée de plus de 25%, le taux de pauvreté est passé de 27,7% en 2010 à 36% en 2014 et le taux de chômage est passé de 12,7% à 26,5% durant la même période. En outre, les charges sont très inégalement réparties. Les plus pauvres et la classe moyenne sont les plus durement touchés, la part des travailleurs dans le revenu national s’est réduite et les inégalités se sont creusées. Et ce n’est pas tout. La consommation de nourriture a diminué de 28,5% et le nombre de suicides a augmenté de plus de 35%. Il est clair que même les besoins les plus élémentaires ne sont plus assurés en Grèce.

L’entrée en fonctions du nouveau gouvernement grec d’Alexis Tsipras, en janvier 2015, a suscité un vent nouveau. Les principales propositions électorales de Syriza n’étaient pas très radicales: mettre fin à la crise humanitaire, rétablir le salaire minimum et la concertation sociale, et dynamiser l’économie grecque par des investissements publics. La réalisation de ce programme passait par un rééchelonnement de la dette. Cela ne semblait pas illogique, puisque la politique d’austérité imposée par la Troïka avait provoqué l’explosion de la dette– de 130% du PIB en 2009 à 177% en 2014. Tout économiste sérieux admettra, à l’instar du FMI, l’impérieuse nécessité de ce rééchelonnement de la dette. Pourtant, aucun dirigeant politique européen n’ose expliquer à sa population que ce serait finalement la meilleure des choses pour l’ensemble de la zone euro.

Il est rapidement apparu que l’Eurogroupe et la Troïka préféraient ne pas tenir compte du résultat des élections grecques et partant, de la démocratie grecque. Malgré les multiples et importantes concessions du gouvernement grec, en dépit des promesses électorales de Syriza, les “Institutions précédemment connues sous le nom de Troïka » n’ont jamais formulé de proposition sérieuse. Les pays de l’Eurogroupe dirigé par Jeroen Dijsselbloem voulaient non seulement maintenir l’essentiel des efforts budgétaires, mais demandaient aussi au gouvernement grec de procéder à de nouvelles économies, encore plus douloureuses. Ils n’ont rien voulu entendre non plus quand le gouvernement grec a proposé que les épaules les plus solides supportent les charges les plus lourdes.

Les dernières propositions des « Institutions » le prouvent une nouvelle fois. Augmenter massivement la TVA alors que le pouvoir d’achat a déjà diminué et réduire encore davantage les pensions, alors que les pensions moyennes ont diminué de 61% depuis le début de la crise, ce sont des « mesures de destruction » supplémentaires, et pas des « mesures de relance ». Au lieu d’aider les Grecs à se relever, elles aggravent les difficultés. Dans ces conditions, comment s’étonner que plusieurs économistes de réputation mondiale, tels que Joseph Stiglitz et Paul Krugman, aient déjà indiqué qu’ils voteraient “oxi ” (“non”) au referendum grec ? Les propositions des « Institutions »sont à la fois déséquilibrées et inacceptables.

Il semble donc que le réel enjeu ne soit plus, et depuis longtemps, le remboursement de la dette, mais bien le principe « TINA »: There Is No Alternative. Apparemment, les dirigeants européens et le FMI veulent démontrer qu’ils n’accepteront pas d’alternative à la politique d’austérité pure et dure ni aux recettes néolibérales, que ce soit en Grèce ou dans d’autres pays de l’Union européenne.

Il est incompréhensible que les dirigeants européens refusent de tirer les leçons du passé et que le FMI ne s’intéresse qu’au remboursement de ses prêts.

Dans ces conditions, nous demandons au gouvernement belge:

  • Qu’il œuvre à un compromis décent et acceptable, qui mette fin à la politique d’austérité inefficace et inéquitable et qui offre des perspectives de croissance à la Grèce, et qu’il s’oppose radicalement aux propositions inhumaines qui pénalisent encore davantage les plus faibles.
  • Qu’il respecte la démocratie grecque et accepte qu’une autre Grèce soit possible.
  • Que dans le cadre de ce compromis, il renonce à des dogmes tels que le démantèlement des services publics, le détricotage des droits sociaux et le tabou à l’encontre d’un rééchelonnement (substantiel) de la dette.
  • Qu’il joue un rôle de premier plan pour obtenir que les « Institutions » modifient leur position, et qu’il ouvre ainsi la voie vers une issue à cette impasse, qui serait bénéfique pour l’ensemble de la zone euro.

Liste des 787 signataires

Signez la  pétition d’AVAAZ qui a déjà récolté plus de 500.000 de signatures.

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OPEN BRIEF AAN DE BELGISCHE REGERING

Met het referendum van zondag gaan we naar een nieuwe climax in de Griekse tragedie. De chantage en andere machtsmiddelen die de Europese leiders gebruiken om ervoor te zorgen dat een meerderheid van de Grieken toch maar “nai” (“ja”) zou zeggen tegen het voorstel van de eurogroep zijn de laatste dwaling in een hele reeks foute beslissingen.

Al van in het begin van het Griekse “reddingsprogramma” zijn er zware fouten gemaakt. Ondertussen is duidelijk geworden dat het doel niet in de eerste plaats het redden van de Griekse bevolking was, maar wel van de banken die de Griekse overheid jarenlang geld hadden geleend. Maar terwijl die banken gered werden en ondertussen al lang weer alive and kicking zijn, kregen de Grieken een zwaar besparings- en hervormingsbeleid opgelegd in ruil voor de Europese “steun” waarmee ze veroordeeld werden tot een Sisyphus-bestaan.

De eurolanden en het IMF pasten immers recepten toe waarvan door onderzoek van het IMF zelf werd aangetoond dat ze contraproductief en sociaal regressief zijn. Als bij een middeleeuwse aderlating, waarbij bloed werd afgetapt van een zieke patiënt, werd alle zuurstof uit de Griekse economie weggezogen. Zij die nu nog beweren dat er in Griekenland niets veranderd is, dwalen: uit onderzoek blijkt dat Griekenland een ongeziene besparingsoperatie heeft doorgevoerd en de zwaarste hervormingen heeft geïmplementeerd van alle EU-landen.

Natuurlijk zat Griekenland met een gigantisch probleem van een slecht werkende staat waar belastingontduiking, corruptie en cliëntelisme hoogtij vierden. Dit belette de Europese leiders evenwel niet om Griekenland in 2001 probleemloos tot de eurozone toe te laten, en het belette de banken niet om jarenlang leningen toe te kennen aan de Griekse staat.

Het gevolg van de mislukte reddingsoperaties is dat de Griekse economie op sterven na dood is. De afgelopen jaren tonen de zware gevolgen van het draconische besparingsbeleid: de economie kromp in tegenstelling tot de absurde IMF-voorspellingen met meer dan 25%, de armoede is gestegen van 27,7% van de bevolking in 2010 tot 36% in 2014, en de werkloosheid nam in diezelfde periode toe van 12,7% tot 26,5%. Bovendien werden de lasten zeer ongelijk verdeeld: de armste en middengroepen werden het ergst geraakt, het aandeel van de werknemers in het nationaal inkomen verminderde, en de ongelijkheid nam nog toe. Nog meer gruwelijke statistieken? De voedselconsumptie daalde met 28,5% en het aantal zelfmoorden steeg met meer dan 35%. Het is duidelijk dat zelfs de meest elementaire basisbehoeften in Griekenland niet meer verzekerd zijn.

Het aantreden van de nieuwe Griekse regering onder leiding van Alexis Tsipras in januari 2015 zorgde voor een nieuwe wind. Erg radicaal waren de belangrijkste verkiezingsvoorstellen van Syriza niet: een einde aan de humanitaire crisis, het herstel van het minimumloon en sociaal overleg, en het aanzwengelen van de Griekse economie via publieke investeringen. Om dat alles mogelijk te maken zou een schuldherschikking moeten doorgevoerd worden. Dat lijkt niet onlogisch, aangezien het soberheidsbeleid opgelegd door de Trojka de schuldgraad enkel heeft verhoogd – van 130% van het BBP in 2009 tot 177% in 2014. Iedere ernstige econoom stelt, trouwens samen met het IMF, dat deze schuldherschikking heel erg nodig is, maar geen enkel Europees politicus durft aan zijn bevolking uit te leggen dat dit uiteindelijk beter is voor de gehele eurozone.

Al snel werd duidelijk dat de eurogroep en de Trojka de verkiezingsuitslag en de Griekse democratie het liefst van al gewoon wilden negeren. Ondanks herhaaldelijke zware toegevingen van de Griekse regering, die ingingen tegen de verkiezingsbeloftes van Syriza, kwam er nooit een serieus voorstel van de Instituties Formerly Known As Trojka. Niet alleen wilden de eurolanden onder leiding van Dijsselbloem de begrotingsinspanningen grotendeels handhaven, en daarom nieuwe en nog zwaardere besparingen aan de Griekse regering opleggen. Ook het voornemen van de Griekse regering om de sterkste schouders de zwaarste lasten te laten dragen werd van tafel geveegd.

De laatste voorstellen van de Instituties tonen dat opnieuw aan. Een sterke verhoging van de btw terwijl de koopkracht al gedaald is en een verdere verlaging van de pensioenen terwijl het gemiddelde pensioen al 61% lager is dan voor de crisis, dat zijn geen “herstelmaatregelen” maar wel nog meer “afbraakmaatregelen”. In plaats van de Grieken uit de afgrond te trekken, worden ze er zo nog wat dieper ingeduwd. Het is dan ook geen wonder dat verschillende internationaal gerenommeerde economen, waaronder Joseph Stiglitz en Paul Krugman, al hebben aangegeven dat zij “oxi (“neen”) zouden stemmen in het Griekse referendum. De voorstellen van de Instituties zijn onevenwichtig en onaanvaardbaar.

Het lijkt er dan ook op alsof de echte inzet al lang niet meer alleen draait om de terugbetaling van de schulden, maar wel om het principe van TINA: There Is No Alternative. Europese leiders en het IMF willen klaarblijkelijk duidelijk maken dat ze geen alternatief zullen aanvaarden voor het harde bezuinigingsbeleid en neoliberale recepten, niet in Griekenland, en niet elders in de Europese Unie.

Het is onbegrijpelijk dat de Europese leiders niet willen leren van de fouten uit het verleden, en dat het IMF enkel geïnteresseerd is in de terugbetaling van zijn leningen. Als de regeringen van de grote Europese lidstaten niet in staat zijn om een aanvaardbaar compromis voor te stellen aan de Griekse regering, moéten kleinere landen als België hun verantwoordelijkheid opnemen in het belang van de hele eurozone.

Wij eisen dan ook van de Belgische regering:

  • Dat ze ijvert voor een aanvaardbaar en waardig compromis dat een einde maakt aan het ineffectieve en onrechtvaardige bezuinigingsbeleid en aan Griekenland groeikansen geeft, en dat ze inhumane voorstellen die de zwaksten nog meer treffen, radicaal afzweert.
  • Dat ze de Griekse democratie respecteert en aanvaardt dat een ander Griekenland mogelijk moet zijn.
  • Dat ze bij dat compromis dogma’s zoals de afbouw van publieke diensten, de afbraak van sociale rechten en het taboe van een (substantiële) schuldherstructurering opgeeft.
  • Dat ze een leidende rol speelt in een wijziging van de positie van de Instituties, en zo de weg effent naar een doorbraak in deze patstelling, die de hele eurozone ten goede zal komen

Liste des 852 signataires au 4 juillet 12h00

TEKEN DE OPEN BRIEF

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