Archive de l’étiquette Système

ParBernard Delvaux

Changer le paradigme de l’éducation

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L’éducation répond aux intérêts de l’industrie et est à son image. Nous ne devrions pas endormir les enfants mais les réveiller. Révéler ce qu’il y a en eux. Une opinion de Ken Robinson.

Partout, on réforme l’enseignement public pour des raisons économiques et culturelles. Mais ceux qui veulent réformer affrontent l’avenir en appliquant les méthodes du passé et, ce faisant, ils laissent sur le bas-côté des millions d’enfants qui ne voient pas l’intérêt d’aller à l’école. Le problème, c’est que le système d’éducation actuel a été fondé, conçu et organisé à une autre époque.

Il repose sur la culture intellectuelle du siècle des lumières et sur la conjoncture économique de la révolution industrielle. Il repose sur une conception intellectuelle de l’esprit, issue de la notion d’intelligence selon les Lumières. Être véritablement « intelligent », c’était raisonner selon une logique déductive et maitriser les humanités.  On classe ainsi les gens dans deux catégories : scolaire et non-scolaire, intelligent et non-intelligent. Résultat : de nombreuses personnes très douées sont persuadées d’être bêtes car elles ont été évaluées selon cette seule conception.

L’édifice repose donc sur deux piliers, économique et intellectuel. Quelques-uns en ont tiré de grands bénéfices, mais pas les autres. Ceux-là sont frappés par une épidémie contemporaine, à la fois intempestive et imaginaire. En réalité, il ne s’agit pas d’une épidémie. On prescrit des médicaments aux enfants avec la même légèreté que quand on prescrivait l’opération des amygdales, selon une même base absurde : la « mode médicale ». Nos enfants vivent l’époque la plus stimulante de l’histoire de l’humanité. Ils sont submergés d’informations. Leur attention est captée par tous les supports. Et nous leur reprochons de ne pas se concentrer… Sur quoi ? Sur des sujets barbants, à l’école principalement.

L’anesthésie est l’extinction de vos sens, l’inertie face à ce qui vous entoure. C’est d’ailleurs l’effet de certains des médicaments prescrits pour le TDAH. Nous adaptons nos enfants à l’éducation en les anesthésiant, alors que nous devrions faire le contraire. Nous ne devrions pas les endormir mais les éveiller, réveiller ce qu’il y a en eux.

Mais notre système d’éducation répond aujourd’hui aux intérêts de l’industrie. et les écoles sont calquées sur les usines. On y sonne la cloche. Les salles sont séparées. On y enseigne les matières isolément. Nous instruisons toujours les enfants par classe. Je veux dire : on les soumet  à un système organisé selon l’âge. Pourquoi croyons-nous que le principal dénominateur commun des enfants est leur âge ? Comme si la chose la plus importante était leur date de fabrication.Pour ma part, je connais des enfants qui, dans certaines matières, sont bien meilleurs que leurs copains du même âge, ou qui travaillent mieux à certaines heures, ou en petits groupes plutôt qu’en classe complète.

Nous ne devrions pas adopter cette conception issue du productivisme, ni la standardisation des  tests de connaissance et des programmes scolaire. Nous devrions aller dans l’autre sens. C’est ce que j’appelle « modifier le paradigme ». Et valoriser la pensée divergente, élément essentiel pour la créativité. Il s’agit de l’aptitude à formuler un grand nombre de réponses différentes à une question, à considérer cette question sous plusieurs angles, à penser autrement que selon des voies linéaires ou convergentes, à concevoir plusieurs réponses et non une seule. Un test permet de montrer que la pensée divergente est une capacité qui décroît avec l’âge.

Ce test montre que nous avons tous cette capacité, mais qu’elle se dissipe dans le temps. L’école en est responsable. On a répété à ces enfants : « il n’y a qu’une réponse, elle est écrite derrière mais ne tourne pas la page, et ne copie pas c’est de la triche ». Hors de l’école, on appelle ça de la coopération.

Nous devons envisager autrement  les capacités humaines, dépasser cette vieille scission entre compétences intellectuelles et non-intellectuelles. Ce n’est qu’une abstraction, une théorie, un mode de sélection. Ensuite, nous devons reconnaitre que la plupart des acquisitions de base se font en groupe, que la coopération alimente le développement. Enfin, tout repose sur la culture de nos institutions, sur leurs habitudes autant que sur le milieu dans lequel elles fonctionnent.

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Qui défend cette opinion ? Ken Robinson, auteur et expert en éducation, originaire de Grande-Bretagne et vivant aux États-Unis.

Source : Ken Robinson (2010), Changing education paradigms

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