Archive de l’étiquette TAE-ID-Inégalités

ParBernard Delvaux

Qualifiant : la triple peine

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L’école coûte un mois de salaire aux parents, mais plus encore aux  parents de l’enseignement qualifiant. Une opinion de la Ligue des familles.

CONSTATS

« On le sait, la gratuité de l’école est un leurre. Les résultats du sondage de la Ligue des familles le rappellent. Et appellent une nouvelle fois le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles à tendre vers une école vraiment gratuite. […] Le coût d’une année scolaire (fournitures, sorties, voyages, transport et repas), par an et par enfant atteint 1 225 € en primaire et 1 550 € en secondaire. Soit l’équivalent d’un mois de salaire, au minimum. Heureusement, l’école est encore gratuite ou presque en maternelle (280 €) ».

Ce qui varie fortement d’un enseignement à l’autre, ce sont les fournitures scolaires. « Les frais de fournitures scolaires à la rentrée dans le secondaire général semblent équivalents à ceux dépensés dans le primaire. […] Il en est tout autrement dans l’enseignement technique et professionnel où il faut distinguer la liste de rentrée courante et les frais de matériel pour les cours de pratique professionnelle. Pour la première liste, 1 parent sur 3 paierait entre 26 et 50 € et 1 parent sur 2 plus de 50 €. Mais ce n’est pas fini.

S’additionnent à ces frais de rentrée, ceux du matériel pour les cours pratiques qui se situent, pour près de la moitié des élèves, entre 100 et 599 € et qui peuvent s’élever au-delà de 600 € selon un tiers des parents ! (Ce matériel spécifique peut aller du sécateur en horticulture aux bottines de sécurité en boucherie en passant par les peintures et le papier Canson pour les études artistiques).

Les parents d’élèves du technique et professionnel paieraient donc en moyenne pour l’ensemble du matériel scolaire avec équipement sportif compris 750 €, plus du double de leurs homologues de l’enseignement général (330 € par an pour les fournitures et tenues de sport) et ce, sans compter les voyages scolaires, le repas du midi, les transports et, quand c’est nécessaire, le soutien scolaire. Ils sont d’ailleurs 4 sur 5 à déclarer que le coût de ce matériel professionnel a pesé pour leur enfant sur le choix de son option ou la poursuite de ses études.

Et si on recherche désespérément des bouchers, ce n’est peut-être pas un hasard puisque c’est le matériel Horeca (couteaux, bottes, tablier de protection, etc.) qui est le plus coûteux, suivi du matériel informatique, du matériel photographique, de l’outillage mécanique et des tenues de travail.

Ces jeunes et leurs familles sont confrontés à une triple peine : ils sont très souvent ‘relégués’ dans un enseignement qu’ils n’ont pas choisi, les frais auxquels ils doivent faire face sont bien plus élevés que dans le général et le coût plus élevé empêche certains jeunes de suivre la formation de leur choix.

Parmi les parents interrogés, 1 parent sur 4 indique que la scolarité de son ou ses enfants a nécessité de rogner sur certaines dépenses de la famille. Et 1 parent sur 10 admet avoir sollicité une aide financière auprès d’un proche (propres parents ou grands-parents) pour faire face aux dépenses scolaires.
Il y a pourtant moyen de diminuer la facture en prenant connaissance des frais interdits (vente de manuels scolaires, frais pour la location de la salle de gym, « caisse de classe », forfait « frais administratif » …) ».

REVENDICATIONS

« La Ligue des familles, […] demande expressément au gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles de faire de la gratuité scolaire une priorité pour la mise en œuvre du Pacte. Un projet qui peut se réaliser par étapes :

  1. Rendre gratuit tout le matériel indispensable aux apprentissages, comme c’est le cas en Flandre, puis étendre progressivement à d’autres frais liés aux sorties, aux voyages, aux activités extrascolaires et aux repas.

  2. Tendre vers la gratuité du matériel dans l’enseignement technique et professionnel.

La Ligue des familles demande la mise en place d’un groupe de travail pour définir une stratégie spécifique sur les frais d’équipement (mise à disposition du matériel, location, centrales d’achat, bourses d’études spécifiques, etc.) ».

Qui défend cette opinion ? La Ligue des familles.

Source : Le Ligueur du 18/08/2016, article de Stéphanie Grofils (L’école coûte un mois de salaire aux parents) et article de Myriam Katz (Technique et professionnel, 50 % du coût annuel pour les fournitures scolaires).

A  lire aussi le dossier complet sur les coûts scolaires dans le Ligueur des parents.

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ParBernard Delvaux

L’inégal accès des cultures à l’école

tout autre solidaritéL’école empêche l’accès à toutes les cultures. Une opinion de Bernard Collot.

« Il y a une autre inégalité fabriquée par l’école : le rejet ou l’inintérêt à toute autre culture que la sienne. La poésie et la puissance littéraire d’un Victor Hugo mais pas celles du rap ! De facto sont niés toutes puissances créatives non conformes, toutes celles qui sont inhérentes à chacun, tous les langages qui expriment différemment des pensées. L’école ne donne pas accès à la Culture comme elle le prétend, elle empêche que se développent les outils qui donnent accès à toutes les cultures. Et pourtant l’inégalité n’est pas là encore où on la situe : tous les enfants porteurs d’autres cultures, créateurs dans d’autres langages, ont ouverts devant eux tous les champs à explorer ; ce qu’on appelle Culture, n’en est qu’un parmi tous les autres, déposé par le social-historique d’une société, qui a la caractéristique d’être façonné par le présent autant que par le passé et qui enferme ladite société quand elle nie son présent et ceux qui le constituent ».

QUI DÉFEND CE POINT DE VUE ? Bernard Collot, bloggeur français.

SOURCE : Bernard Collot (2015), L’école et la lutte contre les inégalités, Blog. 

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ParBernard Delvaux

Légitimer les savoirs populaires

Molenbeek.1Les enfants qui lisent le respect et l’admiration pour leurs parents dans les yeux de leurs professeurs sont plus disponibles pour apprendre. Une opinion de Natalie Rasson.

« L’abîme qui sépare les porteurs d’une culture dominée et ceux qui pensent et font l’école ne peut être réduit, je pense, que par un long et jamais fini travail de décentration des praticiens et des chercheurs. Et de tout citoyen qui a la conviction que c’est la confrontation des mondes qui s’y côtoient qui fait la richesse d’une société. Dans ce cadre, le passage des frontières n’est constructif que s’il peut se faire à double sens et si la périphérie peut devenir à son tour le centre. La domination guette partout et on ne peut jamais oublier qu’il faut continuellement déjouer « la hiérarchie sociale qui organise toute appréhension des cultures populaires et s’y répète inlassablement ». C’est un exercice exigeant mais qui suscite, à mes yeux, autant d’émerveillement que de déstabilisation ».

Malgré des ouvertures, « l’imperméabilité des mondes et des positions reste criante et chacun rêve toujours l’autre tel qu’il n’est pas. Les enseignants les plus ouverts sont prêts à faire venir les parents sur leur territoire. Les parents écoutent, ceux qui ne sont pas trop éloignés du monde scolaire en tirent des leçons et adoptent des attitudes et des stratégies plus efficaces pour soutenir leurs enfants ».

« Mais il n’y a pas de place à l’école pour que ces parents puissent dire à leur tour leur « vérité », leur richesse conceptuelle, leur inventivité, la finesse et la pertinence de leurs perceptions. On pourra toujours objecter que l’objet de l’école n’est pas là. Et pourtant ! Une école figée, qui ne se laisse pas interpeller, contaminer par d’autres manières de comprendre le monde restera toujours un lieu de domination et d’exclusion. J’ai la conviction que reconnaître la légitimité et la grandeur de savoirs nés dans d’autres mondes que celui de l’école est gage de la réussite d’un plus grand nombre. Et que les enfants qui lisent le respect et l’admiration pour leurs parents dans les yeux de leurs professeurs sont plus disponibles pour apprendre et entrer sereinement sur un territoire si différent de celui de leur famille ».

QUI DÉFEND CE POINT DE VUE ? Natalie Rasson, coanimatrice d’un groupe de parents des écoles molenbeekoises.

SOURCE : Natalie Rasson (2015), Rouvrir les frontières, Politique revue de débats, sept-oct 2015, pp. 70-71.

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ParBernard Delvaux

Pas seulement l’égalité des chances

TAE-DSC_3729Être plus exigeant que le décret Missions prônant l’égalité des chances d’émancipation sociale. Une opinion de Tout Autre Chose.

« Une société égalitaire n’égalise pas seulement les chances d’accès aux places prestigieuses mais réduit les différences de reconnaissance, de rémunération et de pouvoir entre les personnes occupant des positions distinctes ».

QUI DÉFEND CE POINT DE VUE ? Le mouvement citoyen Tout Autre Chose.

SOURCE : Balises de Tout Autre Chose

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ParBernard Delvaux

La préférence pour l’inégalité

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Les groupes sociaux qui tirent avantage de ces inégalités considèrent qu’il n’est pas possible de toucher à l’architecture d’un système qui, disent-ils, a fait ses preuves. Une opinion de François Dubet.

« Les parents savent que les performances scolaires de leurs enfants joueront un rôle décisif dans leur futur parcours social et que l’emprise des diplômes sur l’accès à l’emploi et le niveau de revenu est élevée. Tout vient de ce que la valeur des diplômes n’est que relative ; elle dépend de leur rareté, de leur sélectivité et de leur adéquation réelle ou supposée à un segment du marché du travail. […] C’est parce que nous croyons à l’égalité des chances, parce que nous pensons que les obstacles sociaux à la réussite scolaire doivent être levés, que la compétition scolaire continue est devenue la règle, et que chacun a intérêt à y creuser les écarts.

Les familles informées […] doivent tout faire pour que leurs enfants réussissent, et réussissent mieux que les autres. On connait bien toutes les stratégies mises en œuvre.  […] Les familles ne peuvent plus laisser faire ; elles se mobilisent autour d’une réussite qui finira bien par offrir des avantages décisifs à leurs enfants. […] L’héritage culturel ne suffit plus, il faut aussi que les familles gèrent au plus près la scolarité de leurs enfants. Compte tenu de l’incertitude qui plane sur ce type de compétition, tout se déroule souvent dans un climat de stress et de vague culpabilité. Qui n’a jamais participé à ces discussions où des parents décrivent leur malaise quand ils sont tenus de choisir les inégalités scolaires et, dans une certaine mesure, de « tricher » ou de violer leurs propres principes ? Qui n’a pas entendu des enseignants critiquer le « consumérisme scolaire » des parents, tout en reconnaissant qu’ils ne sont pas les derniers à s’y adonner ? […]

Les groupes sociaux et les segments du système scolaire qui tirent avantage de ces inégalités considèrent qu’il n’est pas possible de toucher à l’architecture d’un système qui, disent-ils, a fait ses preuves. Chacun défend son territoire au nom de la grande culture, de l’avenir de la nation et parfois, de la défense des plus méritants […]. Tout au plus acceptera-t-on que des dispositifs particuliers permettent à quelques élèves modestes de rejoindre les formations élitistes, à condition de ne pas remettre en cause l’ordre des hiérarchies du système.

Le risque politique consistant à changer les règles du jeu paraît insurmontable, comme le savent les ministres qui s’y sont risqués. Il est d’autant moins urgent de changer les choses que les catégories sociales qui perdent dans le jeu scolaire n’ont ni les ressources ni la légitimité qui leur permettraient de faire entendre leurs voix. Ainsi n’apparaissent-elles dans le débat scolaire que sous la forme de problèmes sociaux : décrochages, violences scolaires, démissions familiales. Elles semblent ainsi devenues les responsables de leur propre malheur ».

Ce texte, écrit par un sociologue français, peut s’appliquer à la réalité belge francophone.

QUI DÉFEND CE POINT DE VUE ? François Dubet, sociologie français.

SOURCE : François Dubet (2014), La préférence pour l’inégalité. Comprendre la crise des solidarités, Seuil, La fabrique des idées, pp. 28-31.

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